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Publié jeudi, 13 juillet 2017

ARS - Leptospirose Rappels sur le tableau clinique et sur les modalités de diagnostic

L'Agence régionale de santé Grand Est vous informe
Message à l'attention des médecins d'Alsace

Leptospirose
Rappels sur le tableau clinique et sur les modalités de diagnostic


La leptospirose est une zoonose (infection qui se transmet naturellement des animaux à l'homme) causée par les bactéries du genre Leptospira.

En cette période estivale favorisant les activités à risque d'exposition à la bactérie Leptospira, en contact avec de l'eau douce (baignade, pêche, canoë-kayak...), nous souhaitons vous rappeler la symptomatologie évocatrice d'une leptospirose.

La transmission est directe par contact de la peau lésée ou d'une muqueuse (oculaire, buccale, nasale) avec l'urine d'animaux infectés (le plus souvent des rongeurs) ou avec de l'eau polluée par l'urine.

La maladie, après une phase d'incubation d'une dizaine de jours en moyenne (5 à 20 jours), est d'apparition brutale, marquée par un tableau pseudo grippal comportant une fièvre élevée s'installant en quelques heures, accompagnée d'un syndrome douloureux (myalgies, arthralgies, céphalées), parfois de conjonctivite, d'éruption cutanée et souvent de troubles digestifs. Après quelques jours peuvent apparaître des complications rénales, hépatiques, neurologiques (syndrome méningé), oculaires, hémorragiques ou pulmonaires.

Le diagnostic biologique de la leptospirose est difficile à réaliser par des laboratoires non spécialisés. Deux types de diagnostic sont possibles :

  • bactériologique, dès l'apparition des signes cliniques : par PCR (dans le sang, le LCR, les urines) qui permet un diagnostic rapide (24 heures) essentiel pour l'instauration rapide d'une antibiothérapie, ou par culture (mais lente et difficile) ;
  • sérologique à partir du début de la deuxième semaine. Un premier résultat sérologique négatif ne permet alors pas d'exclure le diagnostic et l'analyse doit être impérativement répétée 8 jours à 3 semaines plus tard. Deux tests sérologiques sont utilisés : le test ELISA et le test de micro-agglutination (MAT). Le MAT est la technique sérologique de référence pour la confirmation de la leptospirose. Elle est réalisée par un nombre restreint de laboratoires spécialisés. En France seul le Centre national de référence (CNR) réalise le test MAT sur la gamme complète d'antigènes (24) potentiellement pathogènes.

Ainsi tout prélèvement positif à Leptospira doit être transmis au Centre National de Référence (CNR) de la Leptospirose.

Le traitement des formes graves nécessite généralement une hospitalisation avec réanimation médicale et administration d'antibiotiques (pénicillines ou cyclines) pendant un minimum de 10 jours. Administrée précocement, l'antibiothérapie diminue le risque de complications, atténue la symptomatologie et diminue la durée du portage rénal.

Il n'existe pas de recommandation de traitement prophylactique en pré-exposition (attente d'études complémentaires), ou en post-exposition.

La vaccination est justifiée lors de conditions d'exposition majeure et/ou permanente, essentiellement en milieu professionnel. Son indication doit être posée par le médecin au cas par cas après évaluation individuelle du risque.

La leptospirose n'est pas une maladie à déclaration obligatoire et c'est le CNR qui est en charge de la surveillance microbiologique des infections à leptospires. A ce titre, l'identification et le typage de la souche humaine de Leptospira peut permettre, lors d'une investigation de cas groupés, de comparer les résultats avec les prélèvements environnementaux, et d'identifier ainsi la source probable de contamination.

C'est également par le biais de cette surveillance, qu'il est possible de détecter toute augmentation anormale du nombre de cas dans un territoire donné et permettre ainsi la mise en place d'investigations spécifiques.

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